Saturday, April 30, 2011

Le mérite d’être clair

Les deux principales factions palestiniennes, le Fatah et le Hamas ont annoncé mercredi 27 avril 2011,  avoir conclu un accord de réconciliation, au Caire.
Le Ministre des Affaires étrangères de l’Iran a été l’une des premières voix diplomatiques à commenter cette nouvelle. Dans un communiqué officiel, ce dernier  a exprimé sa satisfaction et son espoir de voir « accélérer les évènements dans l'arène palestinienne et la victoire sur l'occupation sioniste ». Il s’est également réjoui de l’aide précieuse, apportée aux deux parties, par le nouveau gouvernement égyptien, afin qu’elles règlent leurs désaccords. Enfin, il a déclaré que cet évènement était la première réalisation de la population égyptienne après les récents bouleversements dans le pays.
Lors de cet accord de réconciliation, le Hamas était représenté  par le dirigeant islamiste de Gaza, Mahmoud Zahar. Ses paroles ont été claires : «Notre programme n’inclue pas de négociations avec Israël ou la reconnaissance d’Israël»,  et  « Il ne sera pas possible pour le gouvernement national intérimaire de participer, de parier sur, ou encore de travailler sur le processus de paix avec Israël. »
La version de Tawfiq Tirawi, l’un des principaux responsables du Fatah, diffère légèrement : "Si Israël pense que nous devons choisir entre la paix avec Israël et la paix avec le Hamas – tous les Palestiniens à qui vous demandez vous diront que nous préférons l'unité palestinienne à la paix avec Israël".
Nous apprenons donc que le futur gouvernement palestinien d’union n’aspirera pas du tout à la paix avec Israël et qu’il se permettra selon ses dires de piétiner les conditions posées par le Quartet pour le Moyen-Orient.  
Le Quartet, composé  de l'Union européenne, des Etats-Unis, de la Russie et des Nations unies, dont Tony Blair est l’émissaire spécial, demande au Hamas de reconnaître Israël, de respecter les accords passés et de mettre un terme à la violence. Il semble aujourd’hui peu probable qu’il en soit ainsi.
Certes, le Hamas est un groupe terroriste reconnu comme tel par la communauté internationale, et il n’est pas surprenant qu’il manifeste une nouvelle fois, son mépris pour la paix. On ne peut pas attendre de ceux qui aspirent au triomphe du fanatisme religieux, qu’ils manifestent autre chose que de la haine pour les autres cultures. De la même façon, on ne peut pas s’étonner qu’un mouvement, dont le programme est la destruction d’Israël et la création d’un Etat islamique à la place, ne soit pas moteur pour la création d’un Etat palestinien indépendant qui vivrait en paix à côté d’Israël. Personne n’est naïf quand au Hamas, tout le monde sait que le loup n’est pas devenu un agneau.
Le Premier ministre d’Israël, Benjamin Netanyahou, n’a pas dit autre chose quand il s’est exprimé sur cet accord de réconciliation. Il a affirmé que l'Autorité palestinienne devait choisir « entre la paix avec Israël et la paix avec le Hamas ». Il a ajouté qu’aspirer à la paix avec Israël et avec le Hamas était impossible parce que celui-ci aspire à détruire l'Etat d'Israël et qu’il le dit haut et fort. Le Hamas tire des roquettes sur les villes israéliennes et lance des roquettes anti-char sur des bus scolaires.
Aujourd’hui, Israël espère que la Communauté internationale parviendra à imposer, au futur gouvernement  palestinien, les conditions déterminées  par le Quartet pour le Moyen-Orient. Par ailleurs, Israël a retenu les leçons du retrait de Gaza. En 2005, Israël y avait effectué un retrait unilatéral et de nombreuses voix promettaient alors la paix avec Gaza. Des élections s’y étaient déroulées ; le Hamas avait mené une entreprise de terreur envers les plus modérés et était parvenu  à y prendre le pouvoir par la force. Depuis, Israël est soumis à des tirs de roquettes incessants, aveugles.

Aujourd’hui, si les deux mouvements font cause commune, à plus forte raison, il est probable que le Hamas se retrouve au pouvoir en Cisjordanie.
Israël sera alors soumis à une menace encore plus terrible.
Cet accord nous montre que les craintes d’Israël sont légitimes et que la naïveté est la pire des conseillères.

Tuesday, April 12, 2011

Trois pays pour deux peuples ?

En septembre prochain, les palestiniens, ceux de Cisjordanie, représentés par l'autorité palestinienne, vont demander au monde de reconnaître un état palestinien autonome.
Un autre état palestinien.  Car un état palestinien existe déjà. Il est né en 2005 suite au retrait total d'Israel de la bande de Gaza et a l'épuration de tout élément s'apparentant de près ou de loin au Fatah, donc a l'autorité palestinienne légale.





Depuis 2005, plus de 8000 obus et roquettes ont été tirées de façon aveugle depuis le territoire autonome palestinien vers les villes du sud d'Israel. Elles ont poussés aux abris des centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants, avec une même intention: tuer.
Ces bombardements incessants se sont amoindris suite à l'opération "plomb durci" menée par l'armée israélienne en hiver 2008, en réponse à  3 années de tirs incessants. Cette opération a permis d'amoindrir l'extraordinaire arsenal aux mains du Hamas et de détruire une grande partie des tunnels creusés à des fins de contrebande d'armes et autres activités criminelles.

Ces bombardements se sont amoindris, c'est vrai. Mais ils n'ont pas disparu. Ces derniers mois, ces dernières semaines, ils se sont intensifiés. Depuis jeudi dernier, plus de cent cinquante obus ont touchés les localités du sud du Pays. Un obus anti char, tiré sur un autobus de ramassage scolaire, a atteint jeudi après midi un adolescent qui se bat aujourd'hui pour sa vie. Encore une fois, une énième fois, la vie de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants s'est arrêtée. Les écoles sont fermées. Les habitants se tapissent dans des abris, parfois de fortune. Quelle a été leur faute? Etre la. Etre juif. Avoir désiré vivre en paix?

Quand on parle d'état palestinien, de quel état parle t-on? Et sur quel territoire? Israel pensait faire un pas décisif vers la paix, une pais réelle, une paix durable, en quittant la bande de gaza. Si ca avait été le cas, réellement, sincèrement, un autre pas décisif aurait été fait, cette fois envers la Cisjordanie.
Mais aujourd'hui, je vous le demande, qu'en est-il de Gaza? Un état terroriste, refusant a son propre peuple toute élection libre, un état totalitaire et répressif, un gouvernement assassin qui ne veux pas, et n'a jamais voulu, de paix avec Israel.

Alors je vous en pris, ne soyez pas étonnés si Israel a quelques réticences en ce qui concerne une éventuelle reconnaissance unilatérale d'un état palestinien.  Cet état existe déjà, et en matière d'efforts vers la paix, je ne pense pas qu'il ait fait ses preuves.

Wednesday, April 6, 2011

LETTRE ENTR'OUVERTE A STEPHANE HESSEL

Le mal est fait.

C'est tout le sentiment que m'inspira la lecture du mea culpa inattendu publié par le juge Goldstone dans le Washington Post vendredi dernier. Cet article fut repris et cité par la presse. Plus ou moins.

Dans sa colonne, il demandait à reconsidérer les conclusions de son rapport, commandé par la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU suite à l'opération israélienne "plomb durci" dans la bande de Gaza en hiver 2008. Israel y avait mené une opération militaire en reponse aux tirs incessants d'obus sur les villes du sud du pays depuis la prise du pouvoir a Gaza par le mouvement Hamas. Selon ce rapport, Israel y aurait commis des "crimes de guerres", parmi d'autres crimes, délits et outrages en tous genres prétendument commis par  le pays "juif".  

Aujourd'hui,  Goldstone revient sur les conclusions de son propre rapport, un rapport mal ficelé, manquant de preuves, partial, unilatéral et inique.

Seulement il est trop tard. Il est trop tard car le mal est fait. La vague de haine anti-israélienne, antisémite, qui lui a succédé à déferlé avec une virulence prévisible sur une opinion publique nourrie depuis trop longtemps à la manipulation médiatique. Une fois de plus. Il ne suffisait que d'une étincelle.
Ce rapport à donné une base, aux yeux de certains presque légitime, légale, à une campagne sans précédent de délégitimation de l'Etat d'Israel, à la remise en question de son existence même en tant que nation et à une série de condamnations malheureuses.

Le mal est fait.

Le mal est fait quand un Hessel  se basant sur ce même rapport abject s'indigne à son tour dans son trop fameux pamphlet, haut  joyau de la bien-pensance, plaçant le conflit israélo-palestinien à la tête de ses nombreuses indignations.

Où était le juge Goldstone, et où se trouvait Hessel, quand de réels crimes de guerres et de réels crimes contre l'humanité frappaient et frappent encore des peuples et des régions  pour lesquels personne ne "s'indigne"? Qu'en est-il du respect des droits de l'Homme en Syrie, en Iran et ailleurs? Qu'en est-il de ces pseudos démocraties proches et moyennes orientales qui massacrent leurs minorités chrétiennes sans que personne ne s'en "indigne"?

Ce qui m'indigne moi, c'est justement cette indignation sélective.

Le rapport Goldstone a été initié et rédigé dans le cadre de la Commission des droits de l'Hommes de l'ONU, présidée jusqu'à il y a peu par la Lybie. Et oui, la Lybie. Celle qui aujourd'hui est condamnée par les nations du monde pour crimes de guerre contre son propre peuple. Cette même Lybie était-elle essentiellement autre il y a de cela quelques mois?

Malgré les guerres incessantes qui lui ont été imposées depuis le jour de son indépendance, Israel est restée une démocratie exemplaire, un pays prospère et moderne, le seul de la région à respecter les droits de ses minorités.

Où donc êtes-vous Monsieur Hessel? Sans doute aux cotés de ceux là, de tous ceux là, qui ont souhaité voir ce petit pays se casser la gueule.  Quelle déception n'est-ce pas? Pourtant ne vous êtes vous donc  jamais posé la question, la simple question, de savoir ce qu'il serait advenu du Moyen Orient et à quoi il ressemblerait aujourd'hui, si les pays qui le composent avaient reconnu la naissance du petit état en 1948 et l'avaient acceuilli plutôt que de lui faire la guerre? Plutôt que de propager votre propagande vicieuse dont tout le mal est de nourrir mensonges et mythes destructeurs de tout espoir de réconciliation, c'est la vérité qu'il aurait fallu crier haut et fort. Si vous voulez encourager les efforts de paix comme vous le prétendez, il aurait fallu commencer par encourager ceux qui la recherchent, ceux qui l'appellent de leurs vœux et la placent au cœur de leurs prières, et non pas ceux qui la méprisent.

Vous vous indignez de prétendus crimes de guerres commis par les juifs, et qui finalement n'en etaient pas. Apres celui de Goldstone, à quand votre mea culpa?

L'ennemi diabolique que vous dénonciez, l'idéologie exterminatrice que vous combattiez dans votre jeunesse n'a pas disparue. Elle a juste un autre visage. Vous luttiez contre elle hier, n'êtes vous pas en train d'en devenir aujourd'hui, peut être même sans le vouloir, le porte parole?

Un beau gâchis. L'Histoire vous avait semble t-il gardé une place de choix au premier rang. Dommage que juste avant la fin de la votre vous soyez allé vous asseoir avec les cancres.