1. Israël n’est il pas en faveur de la solution "deux états pour deux peuples" ? Israël est-il contre l’indépendance Palestinienne ?
Israël a clairement déclaré soutenir la solution à deux Etats pour résoudre le conflit avec les Palestiniens. Cette résolution devrait être la conclusion d’une paix négociée au préalable par les deux parties. L’indépendance Palestinienne serait la conclusion d'un accord de paix négocié et devrait permettre aux Israéliens et aux Palestiniens de vivre cote à cote, dans la paix et la sécurité.
2. Quelle est la signification d’« Etat non-membre »? Est-il possible qu’un Etat ne fasse pas partie de l’ONU ?
Récemment, on remarque l’existence d’un nombre important d’états observateurs non-membres à l’ONU : la Suisse (depuis 1946 jusqu'à son adhérence à l’ONU en 2002), l’Allemagne de l’Ouest (1952-1973), la Corée du Nord (1973-1991), la Corée du Sud (1949-1991); le Japon, l’Autriche, la Finlande et l’Italie dans les années 50, et d’autres encore. Le Vatican est actuellement considéré comme étant un état observateur non-membre ; les îles Cook et Niu sont également considérées comme des Etats observateurs non-membres, malgré un accord de libre association à la Nouvelle-Zélande. Taiwan a soumis un nombre important de demandes pour joindre l’ONU, la plus récente datant de 2007, mais ces demandes n’ont jamais abouti. Le Kosovo est considéré comme un Etat par certains pays, mais il n’est ni membre, ni observateur à l’ONU. Il n’en reste pas moins qu’en terme de reconnaissance internationale d’un état indépendant, il n’existe pas de différences entre un état membre et un état non-membre.
3. Quels sont les autres droits auxquels un Etat non-membre peut accéder?
Les Etats jouissent d’un grand nombre de droits et de privilèges. Certains incluent des droits concernant l’espace aérien et maritime, ainsi que de nombreux droits économiques incluant la douane et les affaires financières. La possibilité de faire partie d'organisations internationales et de signer des traités internationaux, dont des accords militaires, permet parfois aux pays de bénéficier de droits et de protections additionnels. L'ensemble de ces droits seront immédiatement conférées aux Palestiniens et pourrait être déterminantes quant au statut permanent, ce à moins qu'ils ne décident de résoudre ces questions par un processus de négociations et de dialogue avec Israel.
4. Est-ce qu’un Etat non-membre de l’ONU peut adhérer à la Cour Pénale Internationale ?
Selon l’article 125 du Statut de Rome de la CPI (1998) : « Ce Statut doit être accessible à tous les pays. Le processus d’adhésion se fait via le Secrétaire Général des Nations Unis ». La Suisse a signé le Statut de Rome le 18 Juillet 1998 et l'a ratifié le 12 Octobre 2001, alors qu’elle était toujours un pays observateur non-membre de l’ONU.
5. Pourquoi la demande Palestinienne de reconnaissance à l’ONU devrait elle être une affaire qui concerne la communauté internationale ?
Dans un article publié dans le New York Times le 16 Mai 2011, le Président de l’Autorité Palestinienne a déclaré : « L’adhésion de la Palestine à l’ONU va conduire à l’internationalisation du conflit d’un point de vue légal et non plus seulement d’un point de vue politique. Cela nous permettra alors de poursuivre des actions contre Israël à l’ONU, auprès des institutions de défense des droits de l’Homme, et à la Cour Internationale de Justice ». Il est alors clair que l’intérêt majeur de l’initiative Palestinienne réside dans l’utilisation de moyens légaux contre Israël plutôt que dans la mise en place d’une alternative soumise au dialogue, aux compromis et à la négociation et susceptible de résoudre les questions de fond.
6. Quel sera le statut des accords bilatéraux existant entre Israël et les Palestiniens ?
L’article XXXI des Accords Intérimaires Israélo-palestiniens sur la Cisjordanie et la bande de Gaza de 1995 stipule : « Aucune des deux parties ne doit initier ou mettre en œuvre une action qui changerait le statut de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza avant que le statut permanent n'est été négocié ». Une déclaration d’indépendance unilatérale ou autres actions mises en vue d'obtenir une reconnaissance internationale à l’ONU constituerait une violation claire de ces accords et donnera à Israël la légitimité de les annuler dans leur intégralité ou en partie.
7. Quel sera le statut du Protocole de Paris (l’accord économique et douanier) entre Israël et les Palestiniens ?
Le Protocole de Paris constitue la cinquième annexe de l’accord intérimaire Israélo-palestinien sur la Cisjordanie et Gaza. Comme nous l’avons expliqué précédemment, la violation de l’accord due à l’initiative unilaterale Palestinienne pourrait mettre cet accord, dont le Protocole de Paris, en danger.
8. Quelles pourraient être les implications de l’initiative Palestinienne en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza ?
Etant donné le désaccord entre le Hamas et le Fatah, et l'absence d'un contrôle effectif de l’Autorité Palestinienne à Gaza, il y a un risque réel de se retrouver dans une situation dans laquelle nous nous trouverions en présence de deux états palestiniens, l'un en Cisjordanie, l'autre a Gaza, administré par le mouvement terroriste Hamas. Ce double leadership pose alors une véritable question concernant la responsabilité du gouvernement Palestinien quant aux actions violentes qui se dérouleraient sur ou depuis son territoire.


