Tuesday, December 20, 2011

L'expérience grisante de la Champagne


J’ai passé le week-end dernier en Champagne. Jusque là, je l’avoue, je ne savais pas qu’il s’agissait d’une région française ayant donné son prestigieux non à cette boisson non moins prestigieuse. Quoiqu’il en soit, le but était de se nettoyer l’esprit (et les bronches), loin de la pollution parisienne, des embouteillages et des rames de métro bondées.

Donc, direction Epernay, via Reims. Justement, ce weekend dernier, la ville d’Epernay, capitale de la Champagne (je le précise pour ceux qui, comme moi, ne le savais pas… il en existe peut être…), se paraît de ses “Habits de lumières”, festival annuel d’art, de sons  et de… lumières qui donnait à l’avenue de Champagne une sorte d’extravagance courtoise, aguichant les spectateurs des dizaines d’hôtels particuliers, style 8eme arrondissement, qui abritent les plus célèbres maisons de champagnes françaises. Un vrai plaisir, pour la vue… et le palais.



Le lendemain matin nous étions de retour sur l’Avenue de Champagne pour l’expo-défilé automobile. Elle n’avait plus grand-chose à voir avec ce qu’elle était la veille. Toujours charmante et somptueuse, mais sans les milles feux qui l’habillait quelques heures auparavant. Quel spectacle intéressant pour moi !! Entres les Ferrari et Porsche modèles années 60 et autres « dodoches » model début des années 80, entre deux (ex) bolides dont le nom m’échappe, la voiture de Rabbi Jacob !!! La Citroën surmontée d’un bateau blanc dans laquelle Monsieur Pivert avait été pris en otage par un leader tiers-mondiste. Même la fameuse 403 de Columbo était la!!! Pour agrémenter le tout, une musique d’ambiance style judéo-russe entonnait « hava naguila ».

Notre visite se poursuivie par la visite de l’ancienne synagogue d’Epernay, située juste en face du presbytère, rue de la Motte, souvenir de l’importante communauté juive d’Epernay, presque inexistante depuis la seconde guerre mondiale. Sur l’imposant bâtiment, une rosace à l’intérieur de laquelle une étoile de David, et une façade portant l’inscription : "Qu'elles sont belles tes tentes, ô Jacob, tes demeures, ô Israël!"
 
Quittant Epernay, nous nous rendîmes à Reims. Apres une longue promenade sur le marche de Noël, direction la cathédrale de Reims.  Là, évidement… une formidable sensation de « déjà vu » face à la réplique, quasiment à l’identique, de la cathédrale Notre Dame de Paris. Quelle majesté ! Pourtant, ce qui m’a le plus impressionné fut de loin la cathédrale Saint Remi et son musée adjacent.

Nous avons séjourné dans l’une des maisons d’hôtes de Verzy, à une dizaine de kms de Reims. Quel accueil ! Les parisiens pourraient beaucoup apprendre de l’hospitalité provinciale… si toutefois ils commençaient par cesser de qualifier les parisiens « d’adoption » de « provinciaux »…



Quoi qu’il en soit, affalé dans un fauteuil confortable du salon, entre livres sur la région et ouvrages sur le champagne, un petit livret orange d’une trentaine de page, écrit par la propriétaire des lieux elle même attirait mon attention: « comment vivre et prospérer à l’étranger ». 

Un guide de l’expatrié en somme, du même style que celui que les diplomates sortant reçoivent avant leur départ pour l’étranger. En conclusion, l’auteur y donnait un conseil, qualifié d’essentiel, de sine qua non, un conseil que je m’engage à suivre… « Soyez touriste!»

Thursday, December 8, 2011

Le secret de l’innovation : « D’abord on fait et après on comprend », ou vice-versa ? Un exemple de collaboration franco-israélienne face à l’innovation.


Lundi dernier, j’ai assisté à la journée dédiée à l’innovation franco-israélienne organisée par nos deux gouvernements. L’un des objectifs de cette conférence inédite était de permettre la rencontre, au plus haut niveau,  entre des sociétés françaises et israéliennes, spécialisées dans la high-tech, les nanotechnologies, l’énergie solaire ; trois domaines où l’innovation est incontournable.
Bercy, Paris, 5 decembre 2011
Avec plus des 500 participants,  la présence de ministres français et israélien,  de hauts responsables de la fonction publique, de nombreux dirigeants de grandes entreprises, cet événement a connu une mobilisation impressionnante des acteurs économiques israéliens et français.


Parmi les intervenants, c’est la  présentation du directeur de la jeune entreprise israélienne, « Orca Interactive », Ofer Weintraub,  que j’ai trouvé particulièrement intéressante. « Orca Interactive » travaille avec France Telecom depuis quelques années. Un partenariat dont M. Weintraub à souhaiter partager avec nous,  avec beaucoup humour, les difficultés qui ont accompagnées les premières étapes de leurs projets communs. Des difficultés dues selon lui, aux différences culturelles entre nos deux pays.

Pour présenter les différences d’approche face à l’innovation entre Israel et la France, M.Weintraub a utilisé l’expression en hébreu "נעשה ונשמע" –  Naase ve Nichma - « D’abord on fait et après on comprend ”. Cette expression tirée de l’ancien Testament apparaît dans le passage sur la réception des Dix commandements par le peuple Juif. Quand Moise descend du Mont Sinaï, il présente en effet les tables de la loi au peuple juif, en leur disant  « Naase ve Nichma » : D’abord on accepte la loi divine et ensuite seulement on la comprendra.   

 Cette réponse est encore d’actualité selon M. Weintraub. Elle reflète fidèlement l’approche israélienne devant l’innovation. La méthode israélienne est d’abord de s’engager à accomplir un projet, pour ensuite seulement en analyser tous les aspects. En revanche, l’approche française face à l’innovation est d’analyser d’abord, et même scrupuleusement tous les aspects d’une idée pour ensuite seulement commencer à la réaliser.

Selon M. Weintraub, les israéliens préfèrent réagir et agir rapidement, de manière à s’adapter le plus vite possible aux nouveaux défis, qu’ils abordent avec confiance et pragmatisme. Mais parfois cette approche aboutit à des échecs,  dus à une mauvaise planification des taches ou d’identification des objectifs. Parfois aussi, la rencontre entre les deux approches créée des attentes différentes et même un manque de compréhension.

L’exemple de réussite aujourd’hui de la collaboration entre France Telecom et Orca Interactive montre qu’il est possible de surmonter ces différences, de méthodes, de mentalités,  pour travailler  mieux et ensemble. Il n’y a pas de d’approche à l’innovation qui soit meilleure qu’une autre.  C’est plutôt le mélange de différentes idées, qui semble une clé du succès… Car même si le peuple d’Israel a accepté la Tora sans réfléchir, c’est quand même Moise, leur chef, qui a fait le travail de réflexion pour eux, non ?